Suivi médical, visite médicale, reprise après arrêt maladie, cas particulier en cas d’embauche d’intérimaire ou de saisonnier… parfois il y a tellement d’infos à connaître pour être dans les clous qu’on s’y perd. Cet article vous aidera à faire le tri !

Embauche et visite médicale du nouveau salarié en Restauration

Il n’est plus systématique, depuis le 1er janvier 2017, date de la mise en application de la nouvelle “loi Travail”, que vos nouveaux salariés fassent l’objet d’une visite médicale à l’embauche, si tant est qu’ils ne sont pas soumis à des risques particuliers pour leur santé et leur sécurité.

Exit, donc, la consultation obligatoire auprès d’un médecin du travail avant la fin de la période d’essai, place à une Visite d’Information et de Prévention, dite VIP, à effectuer au cours des 3 mois qui suivent l’embauche.

Mais en quoi consiste-t-il, exactement, ce traitement VIP ?

A papoter quelques minutes, essentiellement, avec un médecin, un interne ou une infirmière, histoire de savoir comment la personne se sent, et de l’informer des éventuels risques pour sa santé associés à son poste de travail. L’entretien se déroule dans un centre de service de santé interentreprises, et ce, dans les trois mois qui suivent l’embauche.

Pour trouver celui le plus proche de votre établissement et y adhérer, aidez-vous de l’annuaire du centre interservice de santé et de médecine du travail, ici.

C’est bon pour vous ?

Donc, si on résume, vous avez pris contact avec un centre et adhéré, et vos employés ont passé la VIP. Jusqu’ici, tout va bien…

Quel suivi médical devez-vous effectuer lors d'une embauche en restauration ?

Maintenant, à quelle fréquence faut-il organiser les entretiens médicaux, vous demandez-vous ? Comment s’effectue le suivi ?

S’il est simple, on parle de suivi médical simple (logique !), ou SIS.

Il faut savoir que la loi Travail a assoupli le suivi médical. La VIP doit donc s’effectuer tous les cinq ans si le poste occupé n’implique pas de risque particulier. On parle alors de suivi individuel simple ou SIS.

Bien sûr, rien n’est jamais totalement simple… il y a donc des cas particuliers :

Si jamais certains de vos salariés sont amenés à travailler la nuit, soit entre 21h et 7h du matin  (oui, des restaurants ouverts 24h/24, ça existe !), ou si certains sont âgés de moins de 18 ans, cette visite VIP doit impérativement avoir lieu avant l’affectation au poste. Le délai de trois mois post prise de fonction ne s’applique donc pas.

Le suivi médical adapté, ou SIA.

Il est parfois nécessaire d’effectuer un suivi individuel adapté, ou SIA. Si la personne salariée est âgée de moins de 18 ans, travaille de nuit, est handicapée, titulaire d’une pension d’invalidité, enceinte, allaitante ou vient d’accoucher. Dans le cas d’un SIA, l’intervalle entre deux visites médicales ne peut dépasser 3 ans.

On vous a presque perdu, là. Non ? Tant mieux, comme ça on peut en remettre une dernière couche…

Le suivi individuel renforcé, ou SIR.

Même si vous avez peu de chance, en tant que restaurateur, d’être concerné, il existe un 3ème type de suivi : le suivi individuel renforcé ou SIR.

Vous avez peu de chance car certains risques encourus au travail implique ce suivi particulier : exposition du salarié à l’amiante, au plomb, à des agents cancérogènes, mutagènes ou toxiques, à des agents biologiques, à des risques de chute, etc.

Dans ce cas, un examen médical d’aptitude se substitue à la visite d’information et de prévention. Si vous êtes curieux d’en savoir plus, pour votre culture personnelle, vous pouvez toujours cliquer .

Sachez que dans le cas d’un SIR, l’intervalle entre deux visites médicales ne peut dépasser 4 ans. Par ailleurs, une visite intermédiaire avec un professionnel de santé est à prévoir deux ans au plus tard après la visite avec un médecin du travail.)

Et il coûte combien, ce suivi médical ?

Il faut compter un droit d’entrée d’environ 15-25 € ht par salarié, puis une cotisation annuelle de 70-90 € ht, le suivi SIR coûtant un peu plus cher que les suivis SIS ou SIA. Les tarifs varient en fonction des centres.

Maintenant que vous êtes briefé comme il se doit sur toutes les formes de suivi médical, parlons visite médicale de reprise….

Quel est le coût d'une visite medicale ?

La visite médicale de reprise en restauration

Que faire au terme d’un arrêt de travail d’une personne salariée (suite à un congé de maternité, une absence pour cause de maladie professionnelle, un arrêt maladie ou à un accident du travail d’au moins 30 jours) ?

Organiser une visite de reprise, pardi ! Si l’arrêt pour accident de travail est inférieur à 30 jours, c’est au médecin du travail d’apprécier si un nouvel examen médical est nécessaire.

Et pour être vraiment complet, on s’est senti obligé de finir cet article sur une petite rubrique “Bon à savoir”, parce qu’on n’est jamais trop informé !

Bon à savoir

Votre nouveau salarié a déjà passé une VIP dans le cadre de son emploi précédent, et occupe un poste chez vous présentant des risques équivalents pour sa santé et sa sécurité. Sachez que s’il peut vous fournir l’attestation ad hoc, il n’est pas obligé de repasser l’entretien tant que le laps de temps à ne pas dépasser entre deux visites ne s’est pas écoulé.

Aussi, si vous avez un intérimaire dans votre équipe, vous serez ravi d’apprendre que c’est l’agence d’intérim qui se charge du suivi médical. Toujours ça en moins !

Vous avez une personne saisonnière dans votre équipe ? Si elle reste moins de 45 jours dans votre effectif, inutile de lui faire passer la VIP. Mais si elle reste plus longtemps, vous n’y couperez pas !

Et une dernière petite info pour la route : sachez que le temps nécessité par les visites est assimilé à du temps de travail effectif. Et que les frais de déplacement sont à la charge de l’employeur.

Nathalie BAILLAND

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